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CHU de Brazzaville : le directoire met en place un plan de redressement progressif

En fonction depuis huit mois, l’équipe que dirige le Canadien Sylvain Villiard a publié, le 27 novembre,  son plan d’actions à court et moyen terme. Une politique s’inscrivant dans le cadre des stratégies de redressement du plus grand centre hospitalier du pays.

D’entrée de jeu, le directeur général du Centre hospitalier universitaire de Brazzaville (CHU-B) a dressé l’état des lieux de cette structure. Un bilan qu’il a estimé catastrophique, tenant compte des résultats d’audits réalisés fin 2016. Arrivé au Congo en avril dernier, par le biais d’un contrat signé entre le gouvernement et l’Unité de santé internationale, une organisation non gouvernementale canadienne, Sylvain Villiard a précisé qu’il est venu pour accomplir une mission.

C’est ainsi que son directoire a mis sur pied un train de réformes devant permettre d’améliorer la gouvernance de cet établissement sanitaire, à court et moyen terme, au profit des Congolais. Ce plan de relance incluant l’année 2020 peine à être appliqué à cause du manque de fonds adéquats, le gouvernement n’arrivant pas à tenir ses engagements à cause de la morosité de l’économie effondrée par la crise, a-t-il dit.

Au plan clinique, le directoire préconise la sécurisation des recettes, l’approvisionnement en médicaments et consommables hospitaliers et produits médicaux, le réaménagement des consultations externes et la relance des activités cliniques dans plusieurs services.

Sur le volet gestion, il mettra l’accent sur le contrôle de la main-d’œuvre, notamment la validation du recensement, le gel des formations, la signature d’un accord avec le Maroc mais aussi la préparation d’un prochain recrutement.

Du point de vue financier, le directoire devrait veiller au mieux à la suppression des dépenses non conformes, telles que les primes et le contrôle resseré des recettes.

S’agissant des infrastructures et équipements, Sylvain Villiard a assuré le suivi du projet d’adduction d’eau et des sanitaires, la planification de plusieurs projets de réhabilitation au niveau des urgences, des chambres de garde, des consultations externes, etc.

Baisser le taux de mortalité, un défi majeur

Dans les détails, le directeur général du CHU-B a fait savoir qu’actuellement, le taux de mortalité et de morbidité au sein de cet établissement est de 9,4 %, en hausse par rapport aux normes internationales établies à 3%. Ce taux, a-t-il expliqué, est dû à la défaillance du système de soins dans cet hôpital.

Il a renchéri qu’avec le plan de redressement mis en place, ce manquement pourrait être corrigé, au cas où le gouvernement mettrait les moyens financiers conséquents en jeu, tel que prévu dans le cahier des charges.  

Répondant aux accusations des syndicalistes sur un présumé détournement de 1,5milliard de francs CFA, le directeur du CHU-B les a balayées d’un revers de main. Il a tout de même reconnu que pour cette année, la subvention avait été décaissée du Trésor public au profit du CHU-B. « Pour cette année 2019, la somme de 1 587 913 600 francs CFA a été décaissée et virée dans une banque canadienne. Conformément au contrat, la moitié de cette somme a servi à payer l’équipe canadienne sélectionnée. Le reste de l’argent a été renvoyé ici au Congo et a permis d’acheter les médicaments », a précisé Sylvain Villiard, qui réclame de l’argent pour s’atteler à sa tâche. « La réforme oui, mais non à la pagaille », a admis le Canadien, paraphrasant le général de Gaulle.

Rappelons que dans ce contrat, il est prévu la somme de 4 763 740 800 francs CFA à décaisser en trois échéances. Le directeur général du CHU-B était accompagné de son adjoint, Judicaël Ulrich Biez, et de la directrice des soins médicaux, le Pr Suzy Kimbally Kaly.

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